Ghana : Pourquoi le concept ghanéen risque de devenir une bombe à retardement ?

Des ghanéens durant les obsèques de John Atta Mills

Des ghanéens durant les obsèques de John Atta Mills

Si certains pays africains souffrent d’une certaine désunion à cause du fait qu’à un moment de l’histoire certains citoyens ont taxé d’autres d’être des étrangers, au Ghana, la tendance quoique dormante dans certains esprits nationalistes‘‘extrémistes’’, elle n’hésite pas à faire surface de temps en temps.

En mi-avril dernier, devant la commission d’approbation des candidats désignes par le Président John Mahama pour devenir des ministres de la République, Jospeh Yammin, le vice-ministre désigné pour le poste de la Jeunesse et des Sports a réfuté les allégations selon lesquelles il n’est pas un ghanéen.

En prenant lui-même sa défense dravant la commission d’audition à l’Assemblée le 15 avril dernier, Yammin a affirmé qu’il est un ghanéen et qu’il n’a jamais prêté allégeance à aucun autre pays.

De ce qui l’a blessé dans le passé, le nouveau vice-ministre de la Jeunesse et des Sports dans l’administration du Président Mahama a révélé ce qui a brisé son rêve lointain  de devenir un soldat dans les Forces Armées Ghanéennes (GAF).

Il a expliqué avoir échoué à deux reprises quand il a essayé de s’enrôler dans l’Armée de l’air. Pour tout motif justifiant ces deux échecs, Yammin ajoutera qu’il était soupçonné d’être un étranger à cause de la couleur de sa peau claire.

Jospeh Yammin, le vice-ministre ghanéen de la Jeunesse et des Sports

Jospeh Yammin, le vice-ministre ghanéen de la Jeunesse et des Sports

En apportant plus d’éclaircissement sur cette affaire, le natif de Kumasi, la capitale de la région Ashanti (centre Ghana) a rappelé qu’un officier militaire l’avait d’abord comparé à l’ancien Président ghanéen Jerry Rawlings, un lieutenant de l’air à la retraite qui a aussi la peau claire avant de lui faire savoir que n’était pas de la même manière que Rawlings a commencé. Ajoutons qu’en début d’année, c’était Kofi Adams, le porte parole de Rawlings qui avait été accusé de n’être pas un ghanéen mais plutôt un togolais.

Si ces deux cas pris comme un échantillon pour illustrer ce que certains ghanéens subissent dans le silence, il est à remarquer que cette tendance à vouloir à tort ou à travers du jour au lendemain denier la nationalité ghanéenne à des gens qui donnent le meilleur d’eux même au pays, frustrent ceux qui n’ont pas de voix autorisée pour dénoncer ce qu’ils subissent comme des injustices de la part de certains de leurs concitoyens.

Eu égardà ce constat, nous en voulons pour preuves la communauté ghanéenne Ewe dont une partie se retrouve au Togo voisin à cause du partage colonial par une frontière artificielle entre les deux pays. Si des personnes portant des noms à consonances Ewe au moindre défaut ou faux pas ne sont pas certaines fois taxées d’être des togolais, d’autre fois ils sont moins considéréeset vilipendées à ce titre.

En somme ce ‘‘concept ghanéen’’ que nous sommes tenté de qualifier de dangereux pour l’avenir du Ghana, ce pays qui est perçu dans le monde comme un modèle de réussite socio-démocratique en Afrique comporte en lui-même des germes de divisions et de chaos.

A l’heure où nous sommes arrivés, il serait dommage que certains jouent sur la fibre nationaliste pour exclure d’autres qui ont pourtant donné le meilleur d’eux même tant pour l’édification que pour l’essor du Ghana. Sous quels cieux les citoyens qui indexent d’autres d’être des étrangers voudront que ces derniersaillent faire leur vie, donnent libre cours à leur génie créateur s’ils n’ont qu’une seule partie ?

Si la démocratie ghanéenne est aujourd’hui sur de bons rails et que les institutions républicaines suivent ce pas en se consolidant, il va falloir que la fraternité nationale prenne le dessus sur les élans de divisions, source de décadence.

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3 réflexions au sujet de « Ghana : Pourquoi le concept ghanéen risque de devenir une bombe à retardement ? »

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